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Forum Afrik  |  Société  |  Economie  |  Fil de discussion: L'Afrique et la mondialisation
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Auteur Fil de discussion: L'Afrique et la mondialisation  (Lu 14638 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
« le: 05 Juillet 2008 à 19:18:26 »
Chaton
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Lorsque l'on parle mondialisation on ne peut se focaliser sur les seules variables économiques ; il faut aussi prendre en compte les facteurs socio-culturels, démographiques et anthropologiques

Certes, les échanges économiques ne sont pas toujours ce qu'ils devraient être,c'est-à-dire au profit de 2 parties pour permettre au plus faible de se développer

L'Afrique est-elle victime ou actrice de la mondialisation ?

Cette réflexion paraît utile car la qualité de vie des générations actuelles et futures dépend très largement de la capacité des décideurs, des partenaires et des chercheurs à trouver et à accompagner les acteurs de développement, à trouver des solutions appropriées aux problèmes que rencontre l'Afrique
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« Répondre #1 le: 05 Juillet 2008 à 20:36:17 »
umanqoba
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 Hum... actrice ou victime? A voir ce qui se passe avec la Chine, de mon point de vue qui est plutôt négatif, je dirai victime! Quand je vois ce que nous en France, pays riche et qui a les moyens de se défendre, avons du laisser à la Chine, je me demande bien comment l'Afrique va pouvoir se faire entendre! Il est sur que temps que l'OUA sera occupée à régler ces conflits récurents et à éssayer de préserver de vieux dictateurs comme mugabe... elle ne pourra pas faire autre chose. Ou est l'Afrique dans l'actualité? Pas dans l'actualité économique en tout cas. On y parle des USA, de la Chine, de l'Inde, de l'Europe, mais de l'Afrique... Qu'a donc l'afrique à offir à la mondialisation? Quels sont donc ses atouts? Voila les questions que je me pose. Si certains me trouvent péssimiste, j'attends leurs réponses.
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"L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé" Steve Biko

Amandla! Ngawethu!
« Répondre #2 le: 05 Juillet 2008 à 21:20:40 »
Chaton
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Umanqoba

On est tellement habitué à penser qu'il faut aider l'Afrique qu'on en oublie de se poser la question de savoir si l'Afrique ne poourrait pas contribuer à résoudre les problèmes de l(Occident
Nous nouis interessons moins à l'Afrique pour ce que nous croyons pouvoir lui apporter que pource que elle, elle nous apporte

La prospérite apparente de l'Occident est peut etre beaucoup plus fraigile qu'il n'y parait et peut-etre une grave crise écologique et sociétéale se prépare
Il y a plein de malaises dans la sociéré: stress, suicides, violence, ins"curité

Si l'Afrique est pauvre de ce dont nous sommes riches, elle ets encore riche de ce dobt nous sommes pauvres
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« Répondre #3 le: 05 Juillet 2008 à 21:42:56 »
umanqoba
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Umanqoba


La prospérite apparente de l'Occident est peut etre beaucoup plus fraigile qu'il n'y parait et peut-etre une grave crise écologique et sociétéale se prépare
Il y a plein de malaises dans la sociéré: stress, suicides, violence, ins"curité

Si l'Afrique est pauvre de ce dont nous sommes riches, elle ets encore riche de ce dobt nous sommes pauvres

Question intérréssante! Trouve-t-on en Afrique autant de maladies psychologiques qu'en occident ( stress, dépréssions, névroses diverses, T.O.C., ect...) ? Si non, a quoi cela peut bien être du?
Qu'a donc l'Afrique (si toutefois il est possible de globaliser) pour vous mes chers collegues forumistes, a apporter au monde? Voila une façon de se tourner vers l'avenir (au lieu de toujours s'appitoyer sur l'esclavage et la colonisation) !
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"L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé" Steve Biko

Amandla! Ngawethu!
« Répondre #4 le: 05 Juillet 2008 à 23:22:18 »
mari-noel
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Et que crois-tu qui pousse ces gens à risquer leur vie sur des bateaux de fortune pour gagner un hypothètique eldorado ? Le désespoir,la dépression,l'angoisse d'un avenir impossible à appréhender dans leur pays d'origine
Les africains ont plus de raison que les occidentaux à etre dépressifs,quant au stress de l'homme surmené (ou de la femme),par le travail,à mon avis,et c'est bien là le paradoxe,beaucoup d'africains aimeraient le connaitre.....
Par ailleurs,il me semble qu'une vraie réflexion est en cours pour aider les pays africains à se prendre en charge au niveau économique,à développer leurs cultures,afin d'etre autonomes et d'en finir avec l'assistanat qui met les pays à la botte de qui leur verse des subsides...D'ailleurs,la récession que connait les pays occidentaux m'apparait plutot bénéfique pour l'Afrique
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« Répondre #5 le: 06 Juillet 2008 à 22:49:58 »
Banou
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Pour tenter de te répondre Umanquoba.

En te lisant, je me suis dit "nous y voilà !"

Je souhaite, moi, parler économie. C'est un peu un de mes centres d'intérêt.

Je ne vis plus en Europe ni en Afrique, ce qui m'amène à remarquer à quel point  l'image de l'Afrique est tributaire des influences culturelles qui nous animent. La distance géographique permet de s'interroger sur la pertinence des termes soumis à notre réflexion : assistanat ou non-assistanat, victime de l'exploitation économique ou actrice de son destin, démocratie ou dictature...

Il y a des associations constantes dont on sort rarement selon qu'on habite en Europe ou sur une partie du continent africain, mais qui paraissent perdre toute leur validité au contact d'autres acteurs. Aux images de l'Afrique très typées (richesse des ressources spirituelles et culturelles face à l'indigence matérielle) on opposerait d'autres images : l'Afrique eldorado d'opportunités dans le domaine minier et pétrolier, l'Afrique ouverte aux nouveaux corsaires des affaires, ces acteurs émergents de la mondialisation. Voire plateforme de montage et de ré-exportation. Tu reconnaîtras là les clichés de l'afro-business. 

Comme je ne vis pas sur un continent où les embarcations de fortune de jeunes déshérités font la une de l'actualité, mon image de l'Afrique n'est pas marquée par le désespoir d'une partie de sa jeunesse.

D'où cette interrogation : les expéditions de ces jeunes via la filière clandestine vers le paradis européen se comparent-elles aux durs périples de Centro-Américains et de Mexicains vers les États-Unis ? À mon avis, oui. Pour autant, réduit-on l'image du Mexique, du Salvador, de l'Équateur, du Panama, du Honduras et du Nicaragua (j'exclus le Costa Rica qui jouit d'une excellente réputation) à celle de pays viviers de clandestins ?

Pas d'après ce que je lis.

Les Européens et les Africains de certaines régions du continent ont-ils une image viciée de l'Afrique ? Les uns et les autres parlent-ils de la même Afrique que les Asiatiques, les Américains, les Brésiliens et les Canadiens ? Chacun subit-il un phénomène de déformation optique ? De quelles Afriques parle-t-on ?

De l'Afrique repoussoir d'un M. Sarkozy, qui manque rarement une occasion, avec son premier ministre M. Filion, d'associer le continent à la désespérance dans ses discours publics, y compris à l'étranger ?

Leur évocation de millions de jeunes prêts à accoster en France donne à réfléchir...

D'abord parce qu'on se demande pourquoi l'Afrique "noire" est, aux yeux de ses deux responsables politiques, la terre de partance quasi exclusive de la migration clandestine, alors que les données des centres de rétention administrative en sol français prouvent le contraire ?

La proximité du continent explique-t-elle cette mise en exergue ?

Dans ce cas, pourquoi note-t-on une évocation beaucoup plus timide, voire un silence, de la clandestinité des Maghrébins, dont les pays ne sont pourtant pas que les terres de transit des Subsahariens ?

Silence aussi sur les filières moldaves, géorgiennes, ukrainiennes, albanaises du continent européen lui-même... Quant aux filières chinoises, indiennes, kurdes et turques, pour ne nommer que celles-là, sont-elles d'une actualité moins brûlante ? Les images des pays d'origine de ces autres clandestins, plus coutumiers de circuits routiers moins "spectaculaires" que les trajets maritimes, sont-elles moins bien campées dans la psyché des électeurs européens, moins utiles, moins mobilisables, moins fortes ?

Ce sont ces questions qui m'ont amené à m'étonner récemment de l'absence de ces nationaux dans les campagnes pour la régularisation des sans-papiers en France ? J'étais également effaré de constater à quel point les porte-parole "proposés" par la CGT étaient massivement noirs ? Question d'image ? De détermination plus grande de la part de ces porte-voix maliens, sénégalais, guinéens, ivoiriens ou burkinabés que de la part de candidats à la régularisation tunisiens, marocains, algériens, chinois, laotiens, serbes ou turcs... ? 

La même question m'a aussi frappé après avoir vu la semaine dernière le film du Britannique Ken Loach, It's a Free World, sur le travail des migrants à Londres. Migrants légaux recrutés à l'étranger par des agences anglaises et migrants clandestins.

Pour illustrer son propos Ken Loach n'a paradoxalement pas UN SEUL travailleur black. Not a single one. Je n'en revenais pas. Je me suis naturellement demandé si les producteurs avaient exigé, pour éviter d'être taxés de polémistes racistes, cette invisibilité du clandestinat africain, si palpable dans les interventions des responsables français...

Polonais, Ukrainiens, Iraquiens, Serbes sont très représentés dans le docu-fiction où deux jeunes Londoniennes - une Blanche et une Noire issues d'un milieu modeste - se convertissent en recruteuses indépendantes pour le compte de firmes du bâtiment peu scrupuleuses. Le travail clandestin est un prétexte pour peindre une facette du capitalisme anglais contemporain. La Noire est plutôt la conscience de sa copine trop pressée de s'enrichir rondement pour fuire la précarité. Une conscience tout de même tachée elle aussi. Un exemple. Après s'être fait arnaquer par des entrepreneurs du bâtiment qui leur devaient 30 000 livres, les deux femmes se trouvent acculées à verser un mois de salaire (2000 livres) à chacun des 15 travailleurs engagés que la Blanche Angie avait fait patienter des tas de fois.
Résultat, Angie se fait agresser en pleine rue par l'un d'eux. Brutalisée, elle se dit dégoûtée et n'envisage plus de verser le moindre sou. À son associée, qui venait de compter la jolie somme que leur agence a récoltée sur des contrats clandestins, elle déclare : I don't give a shit about them ! If you want to pay them, pay them on your own salary !

Plus tard, frustrée de ne pas avoir réussi à trouver des travailleurs pour un contrat juteux, Angie appelle les services d'immigration et signale un campement de clandestins sous le regard médusé de son amie, qui lui dit : I am ashamed. Is there anything Angie you won't do ? You make a living out of them ! (J'ai honte. Tu n'as aucun scrupule Angie ? Tu vis sur leur dos là !) Et Angie de répondre : WE make a living out of them (NOUS vivons sur leur dos).

Bref, construit sur les témoignages de dizaines de migrants, le film de Ken Loach ne compte pas de clandestins africains, ce qui m'a paru très significatif dans la mesure où ce travail est tout de même le produit d'une coproduction allemande, britannique, italienne et française.   

De quelle Afrique parle-t-on donc ailleurs sur le continent européen ?

Le fait de te demander ce que l'Afrique peut apporter à la mondialisation économique, Uma, illustre bien cet effet d'optique. Ma réponse aussi. Tu t'interroges sur la tangibilité des apports africains à la mondialisation quand, moi, je m'étonne que tu ne voies pas les clichés de l'afro-business... les investissements dans les filières classiques par de nouveaux acteurs ; les tentatives de diversification tout autant inégales et inégalitaires que celles dont on parle sur d'autres continents. Pourtant, personne ne s'interroge sur la réalité de la participation des Philippines, de l'Indonésie, du Viêt-nam et du Chili à la mondialisation... bien que certains s'offusquent à l'idée même qu'on puisse comparer des pays africains à d'autres États hors d'Afrique.... 

Je ne parle pas de mondialisation équitable Uma. Je ne parle pas non plus de la soi-disante exceptionnalité du continent africain, seul continent du globe qui devrait être jugé selon d'autres critères... tiens, pourquoi donc ?
Ravages du sous-développement, de la sous-démocratisation, me dit-on. Et après ? D'autres sont atteints de sous-développement dans certains secteurs et ne sont pas plus démocratiques, et cela, que je sache, ne les empêchent pas de penser à leur avenir et d'y travailler.

Maintenant, l'image contemporaine d'une certaine Afrique n'a-t-elle pas aussi à voir avec le passé, quoique tu en dises Uma ?

Perso, je me fous de plus en plus de cette image passéiste mais je ne peux que constater qu'elle reste d'actualité : elle est la matière du premier contact qu'ont des milliards de gens avec le continent. Difficile de s'en extraire !

Une illustration. Une conversation avec un ami orginaire de Bombay. So what happens with you Africans ? Wars, political turmoils... et ainsi de suite.
Et moi de lui faire remarquer qu'avoir environ dix pays en situation de guerre ou de post-conflit n'était pas une si mauvaise moyenne sur un continent de... 53 États... le Soudan, la Somalie, le Zimbabwe, la Sierra Leone, le Libéria, l'Érythrée, la RDC, l'Ouganda, le Burundi et le Sahara occidental ne résument pas la situation du continent, pas plus que les guerres civiles larvées en Colombie et au Sri-Lanka n'expliquent l'Amérique du Sud et l'Asie du Sud-Est aux non-spécialistes...

Pourquoi cet ami instruit, diplômé d'économie et, a priori, sans préjugé, était-il autant marqué par cette impression d'un continent à feu et à sang ?

Pas un mot sur les autres pays du continent... Sur leur relative stabilité, sur leur croissance positive et (hélas) mal redistribuée...
   
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« Répondre #6 le: 06 Juillet 2008 à 23:19:38 »
umanqoba
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 Oui c'est vrai Banou, l'image de l'Afrique que l'on a en Europe (en France en ce qui me concerne) est surement biaisée. Il est vrai que ces bateaux que l'on retrouve vides en méditarannée, ou ceux qui arrivent à accoster avec à leurs bords des gens affamés apres cette térrible traversée, y est surement pour quelquechose. Que les conflits, surtout dernierement le Zimbabwe, dont on nous parle sans cesse biaisent notre vision. Oui il y a surement une Afrique qui gagne, mais je ne la voit pas dans les discours sur la mondialisation (je ne suis certes pas spécialiste en économie). Tu nous dit que le Méxique par exemple n'est pas perçue comme l'Afrique ici en Europe alors que le probleme des migrants est sensiblement le même. Là je te contredirai: c'est bien comme cela que l'on nous montre ce pays ici, avec ce fameux "mur" que les USA ont mis en place par exemple. Quant aux pays de l'est, l'histoire de notre fameux plombier polonais (même si tu n'es pas en france, tu doit en avoir entendu parler) prouve à lui tout seul cette vision de ces pays comme des pays réservoirs de migrants, à ceci pres que le drame est moins vivsible que les bateaux africains, du moins pour ceux qui ne veulent pas voir: ceux qui empruntent le périphérique parisien savent de quoi je parle. Mais tu as raison, dans les manifestations des sans papiers, il n'y a pratiquement que des Noirs. Pourquoi? Je ne sais pas! Peut être parce que eux veulent "s'intégrer" et les autres moins ou pas. L'exemple chinois est frappant: on n'entend jamais parler d'eux, alors que je ne suis pas sur que ceux qui résident dans le sud parisien soient tous en regles. Tout cela, cette image de l'Afrique, est en éffet étrange si on la regarde comme tu le fait. Dans ce cas, je te demande si tu as des propositions à faire pour changer cette image? L'afrique y aurai je le pense beaucoup à gagner.
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"L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé" Steve Biko

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« Répondre #7 le: 07 Juillet 2008 à 03:39:33 »
Banou
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Ta très belle devise Uma. C'est dans l'esprit des intéressés que se construisent des images différentes.

En Amérique du Nord, je déplore l'accès difficile aux productions du continent. Internet, et la presse radiophonique ou écrite qui y est diffusée, est devenu mon unique lien médiatique avec l'Afrique. Cette carence de plateformes de diffusion classiques (télé grand public et journaux communautaires) m'a imposé une démarche active. Cette mise en retrait permet aussi de s'interroger sur les biais culturels et de douter des images européennes du continent. Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, la construction médiatique des imaginaires, des mémoires, des avenirs, et leur projection à grande échelle sont incontournables. Si nos imaginaires africains respectifs ne sont pas peuplés des mêmes référents, c'est que nous ne sommes pas exposés aux mêmes discours graphiques. On ne se défait pas facilement de son quotidien. Dans le mien, l'absence d'Afrique me permet de rencontrer une autre Afrique potentielle. Le paradoxe, c'est que vous ne manquez pas en France d'images africaines originales. Les coupoles satellites vous en fournissent grâce aux pools des coproductions interafricaines : qu'il s'agisse des concours à la Africa Star ou des émissions d'un autre style. Ces images ont encore une diffusion trop communautaire hors du continent. Mais le plus important, est-ce tant que le regard des Européens change ou que les Africains se voient d'une manière différente ?

Le Mexique... Encore un effet d'optique, non ?

En Europe, ce pays augure exclusivement de l'avenir cauchemardesque qui attend l'Union si rien n'est fait pour contrer ce que les fonctionnaires qualifient dans leur langage propret de "pressions" migratoires. Un terme choisi soigneusement puisqu'il permet de comparer le continent africain à une cocotte minute. Dans l'esprit des dizaines de millions de Mexicains qui ne vivent pas dans les régions proches des États-Unis, qui ont un emploi décent, n'apparaissent pas dans les reportages plutôt scriptés de certaines chaînes, on vit très mal cette image déformée alors que ce Mexique-là se soucie davantage du culot des narco-traficants et de la corruption dans les rangs de l'armée, de la justice et de la police que de la migration des pauvres vers le Nord ou de l'exploitation des clandestins salvadoriens par des Mexicains. Ces images empêchent-elles le Mexique d'instruire sa jeunesse, de former ses cadres, d'investir dans le reste de l'Amérique du Sud, de conclure des accords commerciaux avec d'autres nations, bref de participer à la mondialisation... ?

Et que dire de la Colombie ? De ce pays qui, en dépit de ses divisions internes sanglantes, satisfait quand même les besoins d'une économie réelle, attire des capitaux, tient des élections ? Un pays qui compte des pauvres mais aussi une bourgeoisie, éloignée des images mafieuses, dont les enfants fréquentent des écoles privées... françaises... comme le fit en son temps la Colombienne Ingrid - qui n'a pas toujours porté le nom de Betancourt. Les Colombiens sont avocats, linguistes, interprètes, ingénieurs, migrants, banquiers, bref pas seulement traficants de coca. Certains sont même sénateurs et se font enlever par des révolutionnaires, libérés puis "rapatriés" en France où l'on s'étonne qu'ils veuillent ensuite repartir dans le pays de leur engagement politique... un pays vivant, injuste et pourtant énormément dynamique car il fonctionne malgré tout. Un pays dont les habitants ne sont certainement pas exposés aux seules images que les États-Unis leur renvoient de la Colombie.       
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« Répondre #8 le: 07 Juillet 2008 à 21:48:02 »
umanqoba
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Mais le plus important, est-ce tant que le regard des Européens change ou que les Africains se voient d'une manière différente ?


Je répondrai... les deux! D'abord que le regard des africains sur eux-mêmes change (s'il doit changer: la semaine derniere l'un deux avec qui je parlais de mugabe me disait encore que l'Afrique n'était pas capable de s'en sortir, que les africains ne sont pas des gestionnaires!! je ne sais pas si il est représentatif de la majorité des africains, mais quand même, quand on entend cela..) mais aussi que notre regard change car difficile de traiter d'égal à égal avec quelqu'un que vous sous estimez! Et ce regard des europpéens ne changera pas par leur bonne volonté, mais bien quand les Africains eux-mêmes nous le ferons changer. A eux de nous montrer ce dont ils sont capables, à eux de nous montrer cette afrique potentielle dont tu parle et que je sais éxister dérriere toutes ces nouvelles désastreuses que nous reçevons. Nous ne pouvons le faire pour eux.
Sur tout le reste de ton discours, n'étant pas spécialiste de l'économie (je n'ai jamais vraiment compris le systeme boursier, qui me semble trop irréel par exemple), je ne peux que te croire et souhaiter que ce que tu nous dit sur ces pays soit vrai. Qu'ils nous le montrent aussi. Personne ne doit accepter d'être "dénigrer" par un autre. C'est éffectivement un des sens de cette phrase de Steve Biko: pour lui les noirs étaient responsables en partie de leur situation d'infériorité car ils avaient acceptés, intégrés, ce que le blanc avait dit! Peut être est ce aussi le cas de cet africain dont je parle plus haut...
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« Répondre #9 le: 10 Juillet 2008 à 17:13:10 »
Claymore
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Pour tenter de te répondre Umanquoba.

En te lisant, je me suis dit "nous y voilà !"

Je souhaite, moi, parler économie. C'est un peu un de mes centres d'intérêt.

Je ne vis plus en Europe ni en Afrique, ce qui m'amène à remarquer à quel point  l'image de l'Afrique est tributaire des influences culturelles qui nous animent. La distance géographique permet de s'interroger sur la pertinence des termes soumis à notre réflexion : assistanat ou non-assistanat, victime de l'exploitation économique ou actrice de son destin, démocratie ou dictature...

Il y a des associations constantes dont on sort rarement selon qu'on habite en Europe ou sur une partie du continent africain, mais qui paraissent perdre toute leur validité au contact d'autres acteurs. Aux images de l'Afrique très typées (richesse des ressources spirituelles et culturelles face à l'indigence matérielle) on opposerait d'autres images : l'Afrique eldorado d'opportunités dans le domaine minier et pétrolier, l'Afrique ouverte aux nouveaux corsaires des affaires, ces acteurs émergents de la mondialisation. Voire plateforme de montage et de ré-exportation. Tu reconnaîtras là les clichés de l'afro-business. 

Comme je ne vis pas sur un continent où les embarcations de fortune de jeunes déshérités font la une de l'actualité, mon image de l'Afrique n'est pas marquée par le désespoir d'une partie de sa jeunesse.

D'où cette interrogation : les expéditions de ces jeunes via la filière clandestine vers le paradis européen se comparent-elles aux durs périples de Centro-Américains et de Mexicains vers les États-Unis ? À mon avis, oui. Pour autant, réduit-on l'image du Mexique, du Salvador, de l'Équateur, du Panama, du Honduras et du Nicaragua (j'exclus le Costa Rica qui jouit d'une excellente réputation) à celle de pays viviers de clandestins ?

Pas d'après ce que je lis.

Les Européens et les Africains de certaines régions du continent ont-ils une image viciée de l'Afrique ? Les uns et les autres parlent-ils de la même Afrique que les Asiatiques, les Américains, les Brésiliens et les Canadiens ? Chacun subit-il un phénomène de déformation optique ? De quelles Afriques parle-t-on ?

De l'Afrique repoussoir d'un M. Sarkozy, qui manque rarement une occasion, avec son premier ministre M. Filion, d'associer le continent à la désespérance dans ses discours publics, y compris à l'étranger ?

Leur évocation de millions de jeunes prêts à accoster en France donne à réfléchir...

D'abord parce qu'on se demande pourquoi l'Afrique "noire" est, aux yeux de ses deux responsables politiques, la terre de partance quasi exclusive de la migration clandestine, alors que les données des centres de rétention administrative en sol français prouvent le contraire ?

La proximité du continent explique-t-elle cette mise en exergue ?

Dans ce cas, pourquoi note-t-on une évocation beaucoup plus timide, voire un silence, de la clandestinité des Maghrébins, dont les pays ne sont pourtant pas que les terres de transit des Subsahariens ?

Silence aussi sur les filières moldaves, géorgiennes, ukrainiennes, albanaises du continent européen lui-même... Quant aux filières chinoises, indiennes, kurdes et turques, pour ne nommer que celles-là, sont-elles d'une actualité moins brûlante ? Les images des pays d'origine de ces autres clandestins, plus coutumiers de circuits routiers moins "spectaculaires" que les trajets maritimes, sont-elles moins bien campées dans la psyché des électeurs européens, moins utiles, moins mobilisables, moins fortes ?

Ce sont ces questions qui m'ont amené à m'étonner récemment de l'absence de ces nationaux dans les campagnes pour la régularisation des sans-papiers en France ? J'étais également effaré de constater à quel point les porte-parole "proposés" par la CGT étaient massivement noirs ? Question d'image ? De détermination plus grande de la part de ces porte-voix maliens, sénégalais, guinéens, ivoiriens ou burkinabés que de la part de candidats à la régularisation tunisiens, marocains, algériens, chinois, laotiens, serbes ou turcs... ? 

La même question m'a aussi frappé après avoir vu la semaine dernière le film du Britannique Ken Loach, It's a Free World, sur le travail des migrants à Londres. Migrants légaux recrutés à l'étranger par des agences anglaises et migrants clandestins.

Pour illustrer son propos Ken Loach n'a paradoxalement pas UN SEUL travailleur black. Not a single one. Je n'en revenais pas. Je me suis naturellement demandé si les producteurs avaient exigé, pour éviter d'être taxés de polémistes racistes, cette invisibilité du clandestinat africain, si palpable dans les interventions des responsables français...

Polonais, Ukrainiens, Iraquiens, Serbes sont très représentés dans le docu-fiction où deux jeunes Londoniennes - une Blanche et une Noire issues d'un milieu modeste - se convertissent en recruteuses indépendantes pour le compte de firmes du bâtiment peu scrupuleuses. Le travail clandestin est un prétexte pour peindre une facette du capitalisme anglais contemporain. La Noire est plutôt la conscience de sa copine trop pressée de s'enrichir rondement pour fuire la précarité. Une conscience tout de même tachée elle aussi. Un exemple. Après s'être fait arnaquer par des entrepreneurs du bâtiment qui leur devaient 30 000 livres, les deux femmes se trouvent acculées à verser un mois de salaire (2000 livres) à chacun des 15 travailleurs engagés que la Blanche Angie avait fait patienter des tas de fois.
Résultat, Angie se fait agresser en pleine rue par l'un d'eux. Brutalisée, elle se dit dégoûtée et n'envisage plus de verser le moindre sou. À son associée, qui venait de compter la jolie somme que leur agence a récoltée sur des contrats clandestins, elle déclare : I don't give a shit about them ! If you want to pay them, pay them on your own salary !

Plus tard, frustrée de ne pas avoir réussi à trouver des travailleurs pour un contrat juteux, Angie appelle les services d'immigration et signale un campement de clandestins sous le regard médusé de son amie, qui lui dit : I am ashamed. Is there anything Angie you won't do ? You make a living out of them ! (J'ai honte. Tu n'as aucun scrupule Angie ? Tu vis sur leur dos là !) Et Angie de répondre : WE make a living out of them (NOUS vivons sur leur dos).

Bref, construit sur les témoignages de dizaines de migrants, le film de Ken Loach ne compte pas de clandestins africains, ce qui m'a paru très significatif dans la mesure où ce travail est tout de même le produit d'une coproduction allemande, britannique, italienne et française.   

De quelle Afrique parle-t-on donc ailleurs sur le continent européen ?

Le fait de te demander ce que l'Afrique peut apporter à la mondialisation économique, Uma, illustre bien cet effet d'optique. Ma réponse aussi. Tu t'interroges sur la tangibilité des apports africains à la mondialisation quand, moi, je m'étonne que tu ne voies pas les clichés de l'afro-business... les investissements dans les filières classiques par de nouveaux acteurs ; les tentatives de diversification tout autant inégales et inégalitaires que celles dont on parle sur d'autres continents. Pourtant, personne ne s'interroge sur la réalité de la participation des Philippines, de l'Indonésie, du Viêt-nam et du Chili à la mondialisation... bien que certains s'offusquent à l'idée même qu'on puisse comparer des pays africains à d'autres États hors d'Afrique.... 

Je ne parle pas de mondialisation équitable Uma. Je ne parle pas non plus de la soi-disante exceptionnalité du continent africain, seul continent du globe qui devrait être jugé selon d'autres critères... tiens, pourquoi donc ?
Ravages du sous-développement, de la sous-démocratisation, me dit-on. Et après ? D'autres sont atteints de sous-développement dans certains secteurs et ne sont pas plus démocratiques, et cela, que je sache, ne les empêchent pas de penser à leur avenir et d'y travailler.

Maintenant, l'image contemporaine d'une certaine Afrique n'a-t-elle pas aussi à voir avec le passé, quoique tu en dises Uma ?

Perso, je me fous de plus en plus de cette image passéiste mais je ne peux que constater qu'elle reste d'actualité : elle est la matière du premier contact qu'ont des milliards de gens avec le continent. Difficile de s'en extraire !

Une illustration. Une conversation avec un ami orginaire de Bombay. So what happens with you Africans ? Wars, political turmoils... et ainsi de suite.
Et moi de lui faire remarquer qu'avoir environ dix pays en situation de guerre ou de post-conflit n'était pas une si mauvaise moyenne sur un continent de... 53 États... le Soudan, la Somalie, le Zimbabwe, la Sierra Leone, le Libéria, l'Érythrée, la RDC, l'Ouganda, le Burundi et le Sahara occidental ne résument pas la situation du continent, pas plus que les guerres civiles larvées en Colombie et au Sri-Lanka n'expliquent l'Amérique du Sud et l'Asie du Sud-Est aux non-spécialistes...

Pourquoi cet ami instruit, diplômé d'économie et, a priori, sans préjugé, était-il autant marqué par cette impression d'un continent à feu et à sang ?

Pas un mot sur les autres pays du continent... Sur leur relative stabilité, sur leur croissance positive et (hélas) mal redistribuée...
   

Salut Banou.... tu seras parvenu avec une facilité déconcertante à me décider à voir ce Ken Loach .... et pourtant connaissant mes réticences sur son cinéma c'est un exploit!!!!
Merci à toi!!!

Pour le reste je te réponds.... pourquoi ton ami a t-il cette vision là... c'est simple ... parceque les médias du monde entier focalisent uniquement sur cette réalite là du continent et pas d'une autre ca s'arrête là!!!! Il n'y a là aucun mystère!!!
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« Répondre #10 le: 13 Juillet 2008 à 14:17:57 »
cesar
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l'afrique victime ou actrice de la mondialisation? belle question..........
pourtant la réponse est simple; l'afrique est victime. mais je pense que la vrai question est, par la faute de qui l'afrique est elle victime de la mondialisation?
la, le debat peut etre engagé. longtemps on a traité la france de tout, d'impérialiste par exemple; mais aujourd'hui l'afrique est la premiere à courrir derrière la toute puissante chine..........."la nouvelle puissante impérialiste"..............
alors dites moi, n'est-ce pas par notre faute que nous sommes victime d'une mondialisation?
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« Répondre #11 le: 15 Juillet 2008 à 16:38:15 »
Chaton
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l'afrique victime ou actrice de la mondialisation? belle question..........
pourtant la réponse est simple; l'afrique est victime. mais je pense que la vrai question est, par la faute de qui l'afrique est elle victime de la mondialisation?
la, le debat peut etre engagé. longtemps on a traité la france de tout, d'impérialiste par exemple; mais aujourd'hui l'afrique est la premiere à courrir derrière la toute puissante chine..........."la nouvelle puissante impérialiste"..............
alors dites moi, n'est-ce pas par notre faute que nous sommes victime d'une mondialisation?

Si l'Afrique "courre derrière la toute puissante Chine" c'est qu'elle veut entrer dans cette mondialisation qui frappe à sa porte !! elle en est alors actrice  Wink
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« Répondre #12 le: 15 Juillet 2008 à 20:55:44 »
umanqoba
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l'afrique victime ou actrice de la mondialisation? belle question..........
pourtant la réponse est simple; l'afrique est victime. mais je pense que la vrai question est, par la faute de qui l'afrique est elle victime de la mondialisation?
la, le debat peut etre engagé. longtemps on a traité la france de tout, d'impérialiste par exemple; mais aujourd'hui l'afrique est la premiere à courrir derrière la toute puissante chine..........."la nouvelle puissante impérialiste"..............
alors dites moi, n'est-ce pas par notre faute que nous sommes victime d'une mondialisation?

Si l'Afrique "courre derrière la toute puissante Chine" c'est qu'elle veut entrer dans cette mondialisation qui frappe à sa porte !! elle en est alors actrice  Wink

Ou du moins croit l'être! Car elle se rendra vite compte, c'est mon avis, que la Chine ne cherche qu'à la dévorer toute clue !
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"L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé" Steve Biko

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« Répondre #13 le: 16 Juillet 2008 à 11:42:33 »
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l'afrique victime ou actrice de la mondialisation? belle question..........
pourtant la réponse est simple; l'afrique est victime. mais je pense que la vrai question est, par la faute de qui l'afrique est elle victime de la mondialisation?
la, le debat peut etre engagé. longtemps on a traité la france de tout, d'impérialiste par exemple; mais aujourd'hui l'afrique est la premiere à courrir derrière la toute puissante chine..........."la nouvelle puissante impérialiste"..............
alors dites moi, n'est-ce pas par notre faute que nous sommes victime d'une mondialisation?

Si l'Afrique "courre derrière la toute puissante Chine" c'est qu'elle veut entrer dans cette mondialisation qui frappe à sa porte !! elle en est alors actrice  Wink

Ou du moins croit l'être! Car elle se rendra vite compte, c'est mon avis, que la Chine ne cherche qu'à la dévorer toute clue !

Ca pourra difficilement être pire qu'avec l'Europe il me semble!!!
Donc avant de critiquer les ambitions de la Chine faudrait peut être déjà se remettre en question... et faire un grand mea culpa!
Parceque l'Europe ne s'est pas contentée de dévorer l'Afrique toute crue ... elle l'a carrément depecée vivante!!!
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« Répondre #14 le: 23 Juillet 2008 à 23:33:49 »
Laurent
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Demander si l´Afrique est victime de la mondialisation relève du truisme . Quand on voit les hordes d´immigrés clandestins venant échouer sur les rivages de l´Europe , quand on mesure le revenu per capita de la majorité des pays africains , le faible niveau de scolarité de ses habitants , la faiblesse de l´espérance de vie -moins de 40 ans - , sans compter les innombrables conflits ethniques alimentés en sous-main par les traficants d´armes et les "grandes puissances" , le moins qu´on puisse dire , c´est que l´Afrique ne profite pas de la mondialisation .



Pour moi , la cause  est entendue , L´Afrique ne s´en sortira jamais tant qu´elle n´assume pas qu´elle n´est qu´un simple vivrier , un territoire voué à l´exploitation de ses ressources minières et naturels , et un  simple rouage de la mondialisation . L´Afrique prise globalement n´est même pas un acteur de la mondialisation . Un pion ? là encore , á l´époque coloniale , c´était peut-être vrai . Aujourd´hui moins que jamais .

Je dirais donc que le véritable problème de l´Afrique n´est pas présicément qu´elle soit victime ou pas de la mondialisation -tous les pays le sont , à des degrés divers - , mais quel type de mondialisation pour l´Afrique ?

Une mondialisation qui ouvre ce continent à tous les types de trafic -humains , animaux , diamants etc- , qui s´accompagne d´une baisse continue des standards de vie , et qui la transforme en laboratoire d´expérimentation des produits et des drogues pour les grandes firmes pharmaceutiques ?

Ou plutôt une mondialisation capable de faire émerger l´Afrique comme un partenaire valable du "grand" jeu de la mondialisation ?

Seul l´avenir le dira , mais en l´occurence je me range résolument du côté des afro-pessimistes .
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