Brazzaville, un vendredi des années 80, il est environ 19h00,
La ville est calme, les brazzavillois sont chez eux, les postes de radios sont ouverts, tous sur la voix de la révolution congolaise, de l'autre coté du fleuve, Kinshasa la mégapole , les kinois ont aussi leur radios "branchées" sur la voix de la révolution congolaise
Un homme Georges Embana captive les foules, son émission? Le Lisapo, "le conte" est une référence, tout le monde l'écoute, il entraine les peuples des 2 rives du fleuve Congo dans un univers magique fait d'Elima (monstre) de Ndoki (Sorciers), de Nganga (Féticheurs), mais cet univers est effrayant, quand on en sort les enfants sont effrayés, le Lisapo ne berce pas la nuit il en fait un Nightmare, il ne fait pas rêver au prince charmant, ni à la belle aux bois dormants, il fait peur par les créatures cauchemardesques qui peuvent vous emporter alors que vous êtes dans les bras d'Hypnos...
Voila l'univers traumatisant dans lequel beaucoup ont grandi, j'ai beau fouillé dans ma mémoire, je ne me souviens d'aucun conte apaisant, d'aucun conte qui émerveille...
J'espere me tromper, mais si cela est vrai, comment voulez vous qu'une jeunesse est une vision féérique de l'avenir?
Bon , ce raconteur-né qu`est Embana , avait donc un exceptionnel talent pour transporter son audience dans le monde du merveilleux . 3 questions cependant :qu`est-ce qu`un "monstre" dans l`univers magique africain ? Comment est-il representé et quelle est la différence entre sorciers et féticheurs .
Le mot créole haitien , "gangan" serait-il donc une déformation du congolais Nganga ? En français , j´écrirai "hougan" qui veut dire prêtre du vaudou .